Situé rue Littré, ce lieu historiquement lié aux Compagnons du Devoir sera, dès la rentrée, temporairement et partiellement investi par des personnes réfugiées, de jeunes actifs et des étudiants en situation de précarité. Avant que les 29 chambres à aménager puissent être occupées, il a fallu, en accord avec le nouveau propriétaire, obtenir l’aval de l’Architecte des bâtiments de France (ABF). Et assumer le coût d’un important chantier de remise aux normes : 70 000 €. Les efforts conjoints de la Ville et de la Métropole auront permis de lever cet obstacle. Le feu vert du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), après celui de l’ABF, a permis de lancer enfin les travaux ce mois-ci.
Un projet soutenu, un cadre expérimental
Ce projet, porté par l’association Caracol, a bénéficié du programme national Logement d’abord et du Contrat territorial d’accueil et d’intégration (CTAI), co-portés par la Ville et l’État. 34 000 € lui ont ainsi été alloués : une enveloppe de 24 000 € émanant du CTAI pour l’accompagnement social, et une autre de 10 000 € via Logement d’abord. Cette somme a été confiée non pas directement à Caracol, mais à un regroupement de 3 associations, réunies sous le nom d’Entraide citoyenne. On y retrouve Caracol, mais aussi J’accueille (hébergement chez l’habitant) et Les Bureaux du cœur (mise à disposition temporaire, en soirée, de locaux d’entreprises). Dans la structuration de cette entité, le Centre communal d’action sociale (CCAS) a joué un rôle central, ayant été missionné pour développer de nouveaux projets d’hébergement et d’accès au logement en faveur de tous les publics éligibles au logement social, quelle que soit leur nationalité.
Une nouvelle manière d’occuper la ville
Face à un marché locatif de plus en plus tendu, la Ville explore de nouvelles formes d’habitat en s’appuyant sur es initiatives portées par la société civile, à l’image de ce projet de colocation solidaire et temporaire rue Littré. Celui-ci ouvre une brèche : celle d’un urbanisme souple, solidaire, transitoire et réactif. Une manière aussi de redonner vie à des lieux vacants, au service de celles et ceux qui en ont le plus besoin.
L’occupation de l’ex-maison des Compagnons du Devoir est un exemple concret de lutte contre le gâchis immobilier, cette vacance d’espaces inutilisés alors qu’ils pourraient venir en aide aux plus démunis.
Marie Quinton, adjointe au maire
déléguée au logement.