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Depuis 2020, Tours engage une profonde transformation de son urbanisme pour répondre aux défis climatiques, sociaux et de qualité de vie. Du logement au territoire, la Ville se repense à toutes les échelles. D’abord avec des logements de qualité, accessibles, diversifiés et adaptés au changement climatique. Ensuite, dans les quartiers, au travers d’opérations, respectueuses du tissu urbain, laissant la place à la végétalisation et encourageant la vie sociale et économique.
Depuis 2020, Tours rattrape son retard sur tous les plans : modernisation de ses écoles et ses équipements, désendettement, végétalisation, sobriété énergétique et mobilités vertes. Nous pouvons désormais anticiper l’avenir sereinement.
Emmanuel Denis, maire de Tours et vice-président de Tours Métropole Val de Loire chargé des transports et des mobilités douces.
Enfin, à l’échelle du territoire en intégrant les interconnexions avec le reste de la métropole et de la région autour de futurs pôles d’échanges multimodaux, du schéma cyclable Vélival, de la future ligne B de tramway dont le chantier débute cet été. N’oublions pas le SERM dont la première pierre sera le lancement, pendant l’été, des travaux nécessaires à la réouverture de la gare Fondettes/Saint-Cyr-sur-Loire. En lien étroit avec les communes qui la composent, Tours Métropole Val de Loire élabore actuellement un PLUm (suivez le projet sur toursmetropole.fr/PLUM) qui remplacera les PLU communaux début 2027 après son approbation définitive.
Ce document tient compte d’enjeux partagés à l’échelle de notre métropole (développer le territoire et tenir compte de son identité, consolider sa place au sein du Val de Loire et répondre à l’urgence climatique) tout en composant avec les orientations politiques définies à l’échelon communal. Il reflétera la stratégie de développement de notre territoire sur les 10 ans à venir et constituera le document de référence avant tout dépôt d’une demande d’autorisation d’urbanisme (certificat d’urbanisme, déclaration, préalable, permis de construire…) par un particulier, un architecte ou un promoteur.
Le calendrier du PLUm
Le calendrier d’élaboration du PLUm a été actualisé. Préalablement à l’arrêt du projet de PLUm lors du Conseil métropolitain du 3 novembre prochain, plusieurs étapes sont prévues. Fin juillet, le dossier sera envoyé aux 22 communes. Celles-ci devront donner leur avis avant le 30 septembre sur la prise en compte des enjeux locaux, des projets au sein des Orientations d’aménagement et de programmation (OAP) et des pièces réglementaires. Le comité de pilotage du PLUm se réunira début octobre. Le 13 octobre, la Conférence des maires se retrouvera pour s’accorder et soumettre le dossier de projet de PLUm arrêté au Conseil métropolitain du 3 novembre. Les avis des conseils municipaux seront sollicités de minovembre à mi-février 2026.
D’ici 2028, la seconde ligne de tramway permettra de connecter les principaux sites universitaires et hospitaliers du territoire et de desservir d’importants quartiers d’habitat social comme Maryse-Bastié, les Fontaines et la Bergeonnerie, sans oublier d’accompagner des espaces urbains en pleine mutation comme le quartier des Casernes. Le préfet d’Indre-et-Loire a déclaré le 13 juin l’utilité publique du projet. Les premiers chantiers vont consister à dévier les réseaux souterrains (gaz, électricité, eau, assainissement, télécoms). Des travaux préparatoires (dépose du mobilier urbain, coupes d’arbres, préparation des itinéraires de déviation des bus…) débutent cet été et se poursuivent jusqu’en 2027. Une fois ces travaux menés, la réalisation de la plateforme, des ménagements urbains et paysagers et l’extension du centre de maintenance s’étaleront jusqu’en 2028.
Les transports sont responsables de près d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Alors que la pollution de l’air cause la mort de 40 000 personnes chaque année en France, Tours a choisi de placer les alternatives à la voiture individuelle au cœur de ses priorités.
La question des mobilités est pensée à l’échelle de l’aire urbaine (400 000 habitants) et dépasse les frontières de la commune et de la métropole. La réflexion porte sur l’organisation équilibrée du territoire (activités, pôles générateurs de flux) à l’échelle du cœur métropolitain et des intercommunalités voisines, en lien avec le Schéma de cohérence territoriale (SCOT) et le Plan de Mobilité (ex-Plan de Déplacements Urbains), deux documents réglementaires actuellement en phase d’élaboration. L’articulation entre le réseau de transports en commun et le futur Service express régional métropolitain (SERM) constituera une alternative crédible à l’usage de la voiture.
D’ici 2050, le SERM vise à transformer durablement les mobilités du quotidien en Touraine grâce à une montée en puissance progressive de l’offre de transport ferroviaire et routier. À terme, 8 lignes de train cadencées (jusqu’à un train toutes les 30 minutes aux heures de pointe) et 26 lignes de cars express structureront un réseau maillé à l’échelle métropolitaine et départementale, avec une billettique unifiée (voir p.9) et des pôles d’échanges multimodaux à toutes les échelles du territoire.
La dynamique est déjà engagée : dès fin 2025, la halte ferroviaire de Fondettes – Saint-Cyr rouvrira, avec une augmentation du nombre de trains par jour. Cette première réalisation concrète du SERM permet de raccorder directement les habitants du nord-ouest de l’agglomération au réseau ferroviaire, en se passant partiellement ou totalement de la voiture.
D’autres haltes ferroviaires urbaines sont à l’étude (Tours-Verdun, Joué-Gutenberg, La Ville-aux-Dames…), et viendront, à terme, renforcer le maillage fin à l’intérieur de l’agglomération, en articulation étroite avec l’extension du réseau de tramway et les lignes de bus à haut niveau de service. L’objectif : multiplier les points d’accès au train du quotidien, et faire du SERM une véritable colonne vertébrale des mobilités durables en Touraine.
Deux scénarios sont actuellement proposés à la concertation : l’un recentré sur la gare de Tours, l’autre misant sur une desserte traversante, intégrant notamment la gare de Saint-Pierre-des-Corps et une halte nouvelle à Tours-Verdun, pour mieux irriguer les quartiers périphériques et les connexions régionales.
Loin d’un big bang unique, le SERM repose sur une stratégie partenariale (intercommunalité, Région, Département, État, SNCF, etc.) et un calendrier d’avancées successives guidé par un principe simple : proposer à chaque habitant, qu’il vive à la campagne, en périphérie ou au cœur de la métropole, une offre de mobilité fiable, accessible et interconnectée.
La première phase d’aménagement du réseau cyclable Vélival (7 itinéraires pour 110 km, soit un tiers du réseau total) est en cours de réalisation. L’itinéraire n°1 dessert les zones d’activités de Tours nord avec l’aménagement d’une piste avenue Maginot et la réalisation des giratoires Compagnons d’Emmaüs et Jean-Rostand « à la hollandaise ». L’itinéraire n°2 propose des vélorues dans les contre-allées de l’avenue de Grammont et des cheminements cyclables sécurisés avenue de la Tranchée. Des aménagements sont aussi prévus à Tours nord et en centre-ville en 2025 (lire pages 8-9). L’itinéraire n°3 s’appuie sur une passerelle sur le Cher entre Tours et Saint-Avertin, en chantier. L’itinéraire n°7 a permis de refaire le revêtement de la vélorue d’Entraigues pour améliorer les conditions de circulation. L’itinéraire n°10 a vu la réalisation du tronçon central dans les rues Constantine, Marceau et George-Sand avec un prolongement rue Auguste-Chevallier et avenue Pont-Cher. Ces itinéraires cyclables sont sécurisés, continus et adaptés à tous.
C’est la hausse de la pratique du vélo enregistrée par les compteurs automatiques répartis sur le territoire de Tours Métropole Val de Loire avec des disparités liées au déploiement du réseau cyclable métropolitain Vélival : + 60 % rue Marceau en 1 an, + 50 % rue d’Entraigues en 2 ans, + 47 % sur le pont d’Arcole en 3 ans, + 27 % sur le pont Wilson en 5 ans, + 18 % sur le giratoire Saint-Sauveur en 3 ans.
Source : « Carnet pédagogique Vélival » (2024) sur tours-metropole.fr
C’est le nombre de déplacements quotidiens dans notre département vers l’un des 3 coeurs métropolitains (Tours centre, Tours nord/Saint-Cyr-sur-Loire et Tours sud/Joué-lès-Tours/Chambray-lès-Tours). 90 % de ses
déplacements se font en voiture et, parmi eux, 94 % concernent un « autosoliste » (seul dans son véhicule). Et ce, alors que 80 % des habitants d’Indre-et-Loire résident à 5 mn en voiture de l’une des 45 gares ou haltes de notre étoile ferroviaire. Le potentiel de nouveaux voyageurs pour le futur Service express régional métropolitain (SERM) est donc important.
L’espace public, c’est l’art de faire cohabiter plutôt que d’opposer : piétons, vélos, tramway, bus et voitures trouvent chacun leur juste place, grâce à des aménagements pensés pour tous.
Christophe Boulanger, conseiller municipal délégué au plan de circulation et de stationnement, aux transports publics, au réseau cyclable et vice-président du Syndicat des mobilités de Touraine.
Depuis 5 ans, la municipalité a fait évoluer le PLU communal initialement voté en 2019 pour le rendre plus écologique et solidaire. Dans le cadre de l’élaboration du PLU métropolitain, elle va aller encore plus loin.
La municipalité formalise sa vision en avril 2022 dans son « Référentiel pour un urbanisme écologique et solidaire » en défendant le respect des formes urbaines existantes et en développant la nature en ville pour l’adapter au dérèglement climatique. Elle s’attache à la santé des habitants au travers de l’architecture bioclimatique, aux questions de frugalité, de réemploi et d’économies d’énergie. Elle veut maintenir dans chaque quartier des commerces, de l’emploi, des espaces verts… et permettre à chacun, quel que soit son âge, ses revenus ou sa composition familiale, de choisir son lieu d’habitation.
Ce référentiel a été traduit de manière réglementaire sous la forme de 3 modifications du PLU communal voté en janvier 2020. La première (2022) a fait passer le pourcentage minimal de pleine terre dans chaque nouvelle opération d’aménagement de 15 % à 30 %. La seconde (2024) a créé des « emplacements réservés » pour développer la nature en ville (lire encadré) et protéger les arbres remarquables. La troisième (2025) a introduit une Orientation d’aménagement et de programmation (OAP) « Climat, air, énergie, biodiversité, eau et sols vivants », qui assoit les notions de « logement traversant », d’usage de matériaux biosourcés, de protections solaires… et impacte les projets immobiliers.
Ces modifications ont alimenté la réflexion et les 22 communes de la métropole se sont accordées pour que soient intégrées au PLUM 3 OAP : une première sur les corridors végétalisés (trame verte), les réseaux aquatiques et humides (trame bleue), l’intégrité des sols (trame brune) et la limitation de la pollution lumineuse nocturne (trame noire) ; une deuxième sur la qualité architecturale, urbaine et paysagère ; et une troisième sur l’adaptabilité au changement climatique.
Des OAP sectorielles, par exemple sur les avenues Maginot, l’axe Léon-Boyer/Giraudeau ou le boulevard Jean-Royer, visent à favoriser la rénovation énergétique, la végétalisation et une urbanisation maîtrisée en limitant la hauteur des nouvelles constructions. Les quartiers historiques (Velpeau, Febvotte) sont renforcés dans leur protection patrimoniale. Le PLUm imposera, pour répondre au Programme local de l’habitat de la métropole, un minimum de 25 % de logements locatifs sociaux et en accession abordable à la propriété dans les constructions de plus de 30 logements. Dans certains quartiers situés en dehors du secteur historique (qui dispose déjà de son propre règlement), des « périmètres de sauvegarde du commerce » interdiront la transformation de cellules commerciales désaffectées en logement, afin de maintenir le commerce de proximité. Le projet de PLUm sera arrêté en conseil métropolitain en fin d’année. Les conseils municipaux seront amenés à voter par la suite. Il sera soumis à la population par enquête publique dans un an.
1 000 m²
C’est la surface végétalisée minimale qui sera accessible à chacun à moins de 300 m de chez lui après l’adoption du PLUm. Une carte des espaces verts publics existants localise les « zones blanches » qui en sont dépourvues. Selon les opportunités, des terrains seront acquis par la collectivité pour créer de nouveaux espaces publics végétalisés. Des négociations sont d’ores et déjà en cours avec des propriétaires. Santé Publique France incite au déploiement des espaces verts dans les
politiques publiques d’urbanisme car ils entraînent des effets positifs sur la santé physique et mentale, réduisent l’exposition à la chaleur et à la pollution, encouragent l’activité physique, la cohésion sociale et réduisent le stress.
Source : « Agir sur les espaces verts, les mobilités actives, la chaleur, la pollution de l’air et le bruit : quels bénéfices pour la santé ? », Santé Publique France, décembre 2024.
Le PLUm inscrit dans le marbre les orientations que nous impulsons depuis 2020 : maintien de l’activité économique et de l’emploi, des logements abordables pour les classes moyennes et populaires, végétalisation, densification à taille humaine, développement de centralités vivantes dans les quartiers.
Cathy Savourey, adjointe au maire chargée de l’urbanisme, des grands projets urbains et de l’aménagement des espaces publics et conseillère à Tours Métropole Val de Loire.