Biodiversité et gestion de l’eau au sein des espaces verts

La Direction Patrimoine Végétal et Biodiversité (DPVB) a en charge l’entretien des espaces verts de la ville afin qu’ils puissent accueillir le public. Cependant, depuis quelques années, son rôle a évolué face aux enjeux liés à la préservation de la biodiversité présente à Tours ainsi que la préservation de la ressource en eau.

Qu’est-ce que la biodiversité ?

Du champignon à l’être humain, nous faisons tous partie de ce tissu du vivant qui habille notre planète depuis si longtemps.

La biodiversité comprend :

  • l’ensemble des êtres vivants présents sur un espace défini,
  • les écosystèmes dans lesquels ils évoluent,
  • leurs interactions,
  • et la diversité génétique au sein même des espèces.

Pourquoi la préserver ?

Nous sommes tous dépendants de cette diversité biologique qui joue un rôle fondamental dans les équilibres qui régissent notre monde alors face à son érosion, il est urgent d’agir.

Au-delà même de l’éthique et du respect du vivant qui doit nous pousser à préserver la nature, la biodiversité nous apporte des services cruciaux : de la nourriture grâce à la pollinisation, aux matériaux et à la régulation du climat liés aux grandes forêts, en passant par notre santé tributaire des vertus des plantes… La liste de ses bienfaits est longue mais elle fait face à de nombreuses menaces.

A l’échelle de notre ville, chacun peut agir pour préserver la nature et les ressources naturelles qui l’entourent. La DPVB œuvre depuis plusieurs années afin de concilier la gestion des espaces verts dans le but de satisfaire aux mieux les attentes du public, la qualité paysagère si prégnante à Tours et l’accueil d’une biodiversité indispensable à notre bien-être.

Une méthode globale sur toute la ville

Afin de répondre au mieux à tous les enjeux de la préservation de ces milieux et espèces, la Ville de Tours fait évoluer en permanence ses pratiques culturales.

Cette gestion a pour but d’adapter le mode d’entretien des espaces verts à l’usage du site. Si le but est évidemment écologique, il s’agit également de proposer aux usagers des parcs et jardins une pluralité d’espaces répondant aux mieux à leurs différents besoins.

En 2012, une étude qualitative et quantitative des insectes au Jardin Botanique, menée par le CETU Innophyt de l’Université de Tours, avait démontré la richesse présente au sein de ce site dont les changements de pratiques avaient déjà permis la reconquête de la biodiversité.

En 2016, toujours en collaboration avec l’Université de Tours, des inventaires sur les arthropodes ont eu lieu sur la Promenade du Lac de la Bergeonnerie. Ces dernières ont pu établir la bonne santé du site avec une présence équilibrée entre les ravageurs, les prédateurs et les pollinisateurs.

En 2021, un Inventaire de Biodiversité Communal (IBC) a été réalisé sur le territoire de la ville afin de mieux connaître la faune et la flore locale présentes et notamment les espèces protégées dans le but d’adapter nos pratiques à leurs besoins.

Depuis 2021, une botaniste naturaliste a rejoint la DPVB et réalise chaque année des inventaires sur différents sites afin d’évaluer l’évolution de la biodiversité sur notre territoire. Elle tient également à jour les données fournies par nos partenaires naturalistes.

Nous savons que sur le territoire de la ville, se trouvent de nombreuses espèces végétales et animales ayant un statut soit d’espèces patrimoniales soit d’espèces vulnérables voir en danger.
Cela renforce la nécessité d’agir grâce à des actions ciblées afin de protéger ce vivant fragile qui nous entoure.

Les espaces de fauche et de tonte extensive

Sur le périmètre de la Ville de Tours, plus de 40 ha sont entretenus en prairies de fauche ou en tonte extensive (passages des tondeuses moins fréquents que pour des gazons classiques.) Vraies réserves de biodiversité, leurs délimitations aux formes esthétiques et variées en font un élément paysager à part entière.

  • Près des habitations ou des bâtiments publics, les tontes sont fréquentes, ce qui permet de limiter les risques d’allergie dues au pollen des graminées et de garantir des bonnes conditions de visibilité et de sécurité.
  • Sur les grands axes de circulation, les agents tondent seulement trois à cinq fois par an en laissant la floraison printanière s’exprimer.
  • Quant aux espaces riches en biodiversité, ils sont gérés avec seulement une à deux fauches par an, ce qui permet à la faune et à la flore présentes de réaliser l’ensemble de leur cycle biologique et de mieux se développer, ils contribuent à absorber les eaux pluviales et ainsi éviter les inondations et sont essentiels à la qualité de l’air en captant une grosse quantité de carbone, principal gaz à effet de serre.

La gestion adaptée des espaces verts à la Ville de Tours

Des pratiques de plantations plus favorables à la vie du sol

Le sol contient plus de biodiversité que le monde visible du dessus. La vie du sol (des micros aux macros organismes) est primordiale pour permettre aux végétaux de croître dans de bonnes conditions et ainsi pouvoir apporter tous les services écosystémiques que nous attendons d’eux.

La DPVB modifie ses pratiques pour favoriser la Trame Brune (continuité des sols) et le vivant qu’elle abrite.

Les engrais chimiques ont été abandonnés dans les massifs aux profits d’un compost réalisé en interne grâce aux déchets verts récupérés (branchages, feuilles mortes…) et au fumier récupéré (litière des animaux de la DPVB, chevaux de la police municipale et fumier issu de manifestations comme « la ferme expo »).

Lors des plantations des arbres en ville, ce sol riche en matière organique va mieux garder l’humidité et favoriser la pousse des jeunes racines en permettant un meilleur accès aux nutriments présents.

Cette démarche peut être complétée, sur des sites identifiés comme contraignants, par une mycorhization. Il s’agit de l’implantation de souches de champignons qui vivent en symbiose avec les racines des arbres et permettent à ces derniers un meilleur accès aux réserves du sol.
Un paillage organique est systématiquement apposé afin d’éviter le dessèchement du sol en été et de nourrir lentement ce dernier en se désagrégeant.

Un projet ambitieux de désimperméabilisation des sols vise à ôter les revêtements imperméables (bitume…) partout où cela est possible afin de permettre au sol de pouvoir à nouveau « respirer », retrouver ses interactions avec la surface (indispensable à sa bonne santé) et absorber l’eau de pluie.

Des aménagements ponctuels pour la biodiversité

  • Dans le bois de Grandmont, une parcelle d’1 ha appelée îlot de vieillissement a été délimitée afin de laisser libre son évolution sans qu’aucune intervention humaine ne vienne “contrarier” le processus naturel.
  • Dans les grands parcs forestiers de la ville, la gestion douce favorise un étagement végétatif favorable à la biodiversité et à la régénérescence de la forêt.
  • Depuis l’été 2011, une passe à poissons sur le Cher, au niveau de l’île Honoré de Balzac, offre aux poissons migrateurs la possibilité de continuer plus en amont pour se reproduire.
  • Des espaces sont entretenus afin de favoriser l’implantation d’abeilles sauvages (avec parfois pose d’abris), nécessaire à la pollinisation des végétaux.
  • Chaque année, des mares sont restaurées ou créées afin de favoriser les animaux et végétaux de zones humides.
  • Dans le cadre des budgets participatifs, la DPVB accompagne des projets d’aide à la faune locale comme la mise en place d’abris à hérisson dans les jardins ou l’installation de nichoirs à martinets noirs.

Un cadre qui guide cette préservation sur notre territoire

La DPVB est guidée dans son œuvre par des réglementations et des plans d’actions provenant d’instances européennes, nationales et locales.

Une réglementation pour préserver la biodiversité

Plusieurs niveaux de réglementation conditionnent l’entretien et l’usage de certains sites de la ville afin de les préserver :

a pour but de préserver sur le long terme des habitats à forts enjeux de conservation au niveau européen.

La Loire, Patrimoine mondiale de l’Unesco, fait partie de ces espaces identifiés comme site naturel à préserver et Tours a un rôle à jouer sur la portion qui la traverse.

sont des aires de protection réglementaires dont le but est de préserver les milieux de vie qui permettent l’alimentation, la reproduction, le repos ou la survie d’espèces animales ou végétales menacées.

A Tours, un site de reproduction des sternes a été classé APB. Il concerne un segment de Loire situé entre le pont Napoléon et le pont de fil (pont qui mène à l’île Aucard.)

Un second site est à l’étude. Il s’agit d’une héronnière située sur le site du lac de la Bergeonnerie.

permettent de recenser tous les enjeux de biodiversité présents sur son territoire.

Tours est concernée par deux ZNIEFF :

– la première se situe sur la grande île du Lac de la Bergeonnerie avec une population de hérons

– la seconde concerne les landes de la forêt de Preuilly située dans l’Indre mais appartenant à la Ville de Tours.

L’intérêt de la Trame Verte et Bleue est de favoriser le déplacement des espèces animales et végétales grâce à des corridors écologiques mais aussi des zones de refuge temporaires ou permanentes (îlots de biodiversité).

Cette trame est liée aux zones humides (rivières, étangs, ripisylves, mares…) pour sa partie bleue et aux espaces verts (naturels ou horticoles) qu’ils soient publics ou privés pour sa partie verte.

La TVB est inscrite dans le Schéma de COhérence Territorial (SCOT) à l’échelle de la Métropole et dans le Schéma Régional de Cohérence Écologique (SRCE).

Le travail d’aménagement mené par la DPVB favorise la qualité et la continuité de la TVB :

  • la plantations d’arbres d’alignement le long des axes de circulation, mais aussi d’arbustes ou de bandes boisées
  • le choix d’espèces indigènes dans les espaces à enjeux écologiques,
  • la gestion plus naturelle des berges des cours d’eau,
  • la mise en place de fauches différenciées sur de grandes surfaces herbacées,
  • et l’évolution des méthodes de gestion avec notamment une limitation de l’utilisation des intrants.

A l’échelle de la ville, le Plan Local d’Urbanisme (PLU) définit les Espaces Boisés Classés (EBC) et les espaces paysagers d’intérêt, qu’ils soient du domaine public ou privé. Il permet d’imposer des règles d’urbanisation plus favorables à la présence de la biodiversité.

En 2021, Tours a obtenu la reconnaissance TEN qui a récompensé tous les projets, conduits pendant 3 ans, par la ville afin de favoriser la biodiversité sur son territoire.

Cette reconnaissance a été renouvelée en 2024, pour 3 nouvelles années, par l’Office National pour la Biodiversité (ONF) et son antenne régionale, l’Agence Régionale pour la Biodiversité (ARB).

Cette nouvelle distinction vient non seulement valider les initiatives déjà réalisées ou en cours de réalisation mais également appuyer un programme de nouvelles actions de renforcement des mesures prises pour la faune et la flore locales.

D’autres acteurs accompagnent la Ville afin de préserver la biodiversité sur notre territoire

La Ville de Tours a mis en place différents partenariats ou conventions avec des structures ou associations afin d’échanger, de participer, d’expertiser, de sensibiliser autour de la protection de la biodiversité.

mène plusieurs études sur les populations d’abeilles sauvages englobant le périmètre de la Ville de Tours. Un recensement et des préconisations de protection permettront de mieux préserver ces pollinisatrices méconnues qui joueront à coup sûr un rôle important dans les années à venir alors que leurs cousines domestiques sont menacées de disparition.

a signée une convention avec la Ville de Tours pour une durée de 3 ans afin de collaborer et mener des projets en faveur de la biodiversité et pour la préservation de l’avifaune. Dans ce cadre, le vallon de la Bergeonnerie a été classé comme refuge LPO, le premier de la ville.

Ce projet est financé par le Conseil Européen de la Recherche. Il s’agit de générer des données à l’échelle mondiale sur l’évolution de la biodiversité. 200 sites, répartis à travers la planète, participent à ce projet dont une parcelle située dans la forêt de Larçay (propriété de la Ville de Tours.) Celle-ci est équipée d’enregistreurs audio et de caméras gérés par des chercheurs de l’IRBI et de l’INRAE.

grâce au dispositif « Mares de Touraine » mis en place par le département et l’aide financière de la Métropole, la DPVB restaure ou créée chaque année une mare dans le but de favoriser les espèces liées aux milieux humides. La SEPANT, partenaire du dispositif, apporte toute son expertise technique aux collectivités afin d’assurer le succès des aménagements.

Au-delà de la reconnaissance Territoire Engagé pour la Nature, l’agence et la ville collaborent dans le cadre du projet « Biodiv Tour » qui accueille des professionnels d’autres collectivités ou d’autres établissements pour la présentation des actions menées sur notre territoire. Cela permet des échanges et des partages d’expériences pour faire évoluer les pratiques vers toujours plus de nature en ville.

L’eau le grand défi

Préserver la ressource en eau

A l’instar des actions menées pour préserver la biodiversité, la DPVB a fait évoluer ses pratiques pour une gestion raisonnée de l’arrosage par plusieurs mesures :

  • recensement exhaustif de ses compteurs (environ 400) pour fermer ceux qui ne sont plus utilisés et pour suivre régulièrement ceux qui consomment le plus (limiter les risques de fuites),
  • dans les jardins familiaux :
    • Installation de disjoncteurs à eau permettant de programmer des horaires d’arrosage sur 5 sites,
    • Installation de récupérateurs d’eau de pluie de 1000 litres des toitures des cabanes.
  • réutilisation de l’eau de filtration des piscines, en cours de développement sur 3 sites (Centre aquatique, piscine Gilbert Bozon et piscine du Mortier),
  • étude en cours sur des travaux d’économies d’eau alimentant les bassins du Jardin des Prébendes et du Jardin Botanique,
  • priorisation des arrosages lors des arrêtés préfectoraux,
  • fleurissement réinventé avec le recours à des végétaux résistants au manque d’eau,
  • paillage systématique de tous les massifs pour limiter l’évaporation de l’eau,
  • volume accru de compostage des déchets verts pour enrichir les sols en matière organique,
  • déploiement des ollas notamment dans les Jardins Gourmands et Solidaires,
  • enlèvement des bacs urbains en ville trop gourmands en eau (excepté rue Nationale).

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