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Quartiers de Saint-Martin et de Saint-Julien après les bombardements, 1945. ©-AD37-5Fi007745

Histoire

Un beau livre à « creuser »

Pour qui voudrait comprendre ce qui relie l’archéologie à la photographie, le livre Creuser l’image, aux éditions des PUFR, apporte des réponses en s’intéressant à la ville de Tours.

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Il y a deux ans, le Château de Tours accueillait l’exposition Le Sol et l’image où l’on découvrait que l’archéologue ne s’en remettait pas qu’à sa truelle et son pinceau pour exhumer ce qui fut. Le patrimoine photographique, et plus largement iconographique, lui permet aussi de « creuser » bien des questions qu’il se pose.

Les images de fouilles anciennes, d’artefacts, du patrimoine bâti de la ville, parfois disparu, et même d’archéologues sur le terrain du XIXe siècle à nos jours, recèlent de précieuses informations, mais encore faut-il pouvoir y accéder facilement.

Le programme RITA (Recherche en Images : Tours Archéologique), porté par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) et l’UMR CITERES-LAT, a mobilisé un vaste réseau partenarial (services d’archives, bibliothèques, musées, Société archéologique de Touraine) pour rassembler ce patrimoine iconographique dispersé dans une banque d’images en ligne : https://rita.huma-num.fr

Avant tout de belles images

La sortie du livre Creuser l’image, comme l’exposition Le Sol et l’image hier, illustre l’intérêt de ce passionnant travail collectif soutenu par la Région et la Ville de Tours. Regorgeant d’images anciennes (plus de 200 photographies), de cartes et de dessins, il est destiné à tous les amoureux du patrimoine tourangeau comme aux historiens, archéologues, et passionnés de photographie.

Tout est accessible et plaisant à l’œil. Un parti pris voulu par Émilie Trébuchet, archéologue et documentaliste de l’Inrap, et son collègue Nicolas Fouillet, spécialiste de Tours à l’Antiquité, qui l’ont dirigé : « Nous avons tenu à mettre en valeur des images connues et d’autres bien plus rares, comme celles prises sur le chantier des premières fouilles de la basilique Saint-Martin en 1886. » Un livre aussi remarquable que le passé qu’il exhume, entre archives du sol et archives visuelles.

Creuser l’image – Archéologie et photographie à Tours, 280 pages (éd. PUFR), 37 €.

Les premières photos de Tours

Il faut attendre la toute fin du XIXe siècle pour que les archéologues puissent disposer de photographies jusqu’ici très rares de Tours. La toute première – un daguerréotype – est réalisée le 6 octobre 1839. Jean-Vincent Dopter, élève de l’inventeur du procédé, Louis Daguerre, en est l’auteur, qui choisit de figer pour l’Histoire l’avenue de La Tranchée. Son oeuvre a depuis disparu.

La plus ancienne encore existante est une vue de l’intérieur de « l’embarcadère », nom donné à la première gare de Tours. Elle date de 1849. Son auteur, Stanislas Ratel, est ingénieur aux Chemins de fer Paris-Orléans et membre de la Société archéologique de Touraine. En 1860, c’est lui qui lance les fouilles pour retrouver le tombeau de saint Martin et bâtir à son emplacement l’actuelle basilique (photo ci-contre).

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