Visite du chantier du site de l'ancienne clinique Saint-Gatien a Tours lundi 20 janvier 2025.
Urbanisme
Saint-Gatien : le chantier a démarré
Un véritable pôle d’attractivité commerciale dans le quartier Colbert-Cathédrale.
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Fin 2024, la Société d’Équipement de la Touraine (SET) a débuté la réhabilitation pour 18 M€ de l’ancienne clinique Saint-Gatien, un ensemble de 12 000 m² au cœur du secteur sauvegardé. L’installation de la Maison de l’Hospitalité, envisagée par la Ville de Tours (lire Tours Mag n° 230), est réévaluée en raison des contraintes du site et des solutions alternatives sont étudiées. Les travaux portent sur les espaces communs, les ascenseurs, le remplacement de quelque 432 fenêtres, le raccordement en énergie, les réseaux… Le plus spectaculaire sera la création d’un toit-terrasse (« rooftop ») par la surélévation de la charpente.
Les travaux permettront de livrer des espaces que les futurs professionnels locataires pourront aménager dès l’automne. Une halle gourmande, un bar-tapas sur le toit et un salon de thé pâtisserie sont d’ores et déjà prévus. La Banque de France va aussi y déménager ses activités de la rue Chanoineau.
L’architecte tourangeau Philippe Montandon est séduit par ce projet atypique. « C’est un peu comme aménager un 4 étoiles dans un château : le lieu a une histoire. Derrière une cloison, on découvre un plancher ancien ou une ossature métallique, voire des parties en encorbellement… C’est un mikado assez incroyable et je suis admiratif du travail de mes prédécesseurs. Le projet de la Ville de Tours et de la SET est exigeant car il doit être à la fois réversible [la Congrégation des Soeurs-Hospitalières du Sacré-Coeur de Jésus reste propriétaire et a consenti à la SET un bail emphytéotique de 50 ans NDLR] et s’adapter à toutes les activités. » La récupération de matériaux est un impératif et l’entreprise Pascault Démolition prévoit d’en valoriser 25 tonnes sur sa plateforme de réemploi dans l’Indre : groupe électrogène, portes, sanitaires, radiateurs, robinetterie…
Le réemploi des matériaux issus des démolitions vise à améliorer le bilan carbone des opérations en réutilisant une ressource déjà présente. La Ville de Tours y tient et nous travaillons avec les constructeurs et les promoteurs pour faire bouger les assureurs pour qu’ils en tiennent compte.
Cathy Savourey, adjointe déléguée à l’urbanisme, aux grands projets urbains et à l’aménagement des espaces publics.
Une halle gourmande et un bar-tapas sur le toit
Le projet porté par Arnaud Lecocq et Rémy Blancheton, dénote dans le paysage. En rez-de-chaussée, ils proposeront une halle gourmande (« foodhall »), appelée « La Belle Vie » (1). Des enseignes de restauration et un bar s’installeront sur 600 m² autour d’un espace commun avec tables et fauteuils. « Nous nous sommes inspirés de la Felicità ou de Boom Boom Villette à Paris, révèle Arnaud Lecocq. Les restaurateurs proposeront des plats asiatiques, italiens, tex-mex, français et on trouvera aussi un burger. L’espace central, équipé de mobilier surcyclé, accueillera des animations musicales, karaokés… » L’intérêt de la halle gourmande réside dans la mutualisation des charges et des approvisionnements. « Nos restaurateurs ont, par exemple, tous besoin de salade même si chacun la travaillera différemment. On s’attachera à se fournir en commun et en local. » Les 2 compères prévoient un bar-tapas nommé « La Belle Vue » sur le toit-terrasse donnant, à l’est, sur la cathédrale et, à l’ouest, sur les toitures d’ardoise. Pour profiter de ce cadre unique, il faudra patienter… jusqu’au printemps 2026.
À l’angle de la rue Lavoisier et de la place de la Cathédrale, Clémence Rastoll, cheffe pâtissière de Beurre noisette(2), prévoit d’ouvrir une seconde boutique coffee-shop. « J’ai toujours adoré ce lieu et je m’y attarde souvent pour lire sur un banc face la cathédrale », raconte celle qui a appris le métier à Hong Kong, Sydney et en Suisse. « J’y ferai livrer mes pâtisseries, préparées rue du Grand-Marché, et j’imagine développer la commande de gâteaux, par exemple pour les familles qui sortent de la cathédrale le dimanche, et, l’été, des apéros en terrasse », glisse-t-elle.
Saint-Gatien, ce sont surtout des espaces d’activités. Une opportunité qui tombe à pic pour la Banque de France (3), qui réorganise son implantation sur le territoire. Début 2027, elle quittera le site de la rue Chanoineau, qu’elle occupait depuis 1857, pour la rue Lavoisier. Céline Burgères, la directrice, y voit un triple avantage : « Du confort pour les salariés avec des locaux adaptés aux nouveaux modes de travail collaboratifs ; une accessibilité la meilleure possible pour le public, en centre-ville, proche des transports en commun, avec un accueil en rez-de-chaussée ; et l’amélioration de notre performance énergétique. » La SET propose à la commercialisation 3 cellules de 34 m², 77 m² et 97 m² en rez-de-chaussée et jusqu’à 4 000 m² divisibles pour les activités tertiaires dans les étages (4).
Nous voulons créer un véritable pôle d’attractivité commerciale dans le quartier Colbert-Cathédrale qui proposera une offre nouvelle, complémentaire et bénéfique pour les commerçants déjà installés aux alentours.
Iman Manzari, adjoint délégué au commerce, à l’artisanat et aux manifestations commerciales.
63 000 C’est le nombre de visiteurs de la Clinique du street art comptabilisés par l’équipe Stadler/Krea entre juin 2023 et septembre 2024.