Le 26 avril prochain, place Anatole France, le Forum des
Armées fera découvrir les différents corps et métiers des
forces armées françaises. L’occasion d’échanger avec le
général Étienne du Peyroux, commandant d’armes de la
place de Tours.
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À Tours, les Armées sont-elles encore bien présentes ?
Le general de division Etienne DU PEYROUX adjoint au directeur des ressources humaines de l?armee de Terre (DRHAT) delegue militaire departemental d?Indre-et-Loire (DMD 37) et commandant d?armes de la Place de Tours a la caserne Baraguey d'Hilliers mercredi 26 fevrier 2025.
Général du Peyroux : Ce n’est pas parce que deux unités opérationnelles, l’École de l’aviation de chasse et l’École du Train, ont quitté Tours que la présence militaire est moins forte. 3 000 personnes travaillent ici pour le ministère des Armées (85 % de militaires, 15 % de civils) ; elles relèvent de différents états-majors et services des Armées (Terre, Marine, Air, Santé) et travaillent essentiellement dans les ressources humaines (RH).
Récemment, nous avons notamment accueilli une école dédiée à la formation de nos personnels envoyés à l’étranger. Si aucune évolution majeure n’est envisagée structurellement, un sujet très important, en revanche, constituera un axe d’effort : le développement du numérique et de l’intelligence artificielle au service d’une gestion plus performante des RH.
À Tours, il n’est pas seulement question de gestion des militaires mais aussi de réflexion autour des modèles RH, de formation et de recrutement.
Votre présence a-t-elle une influence sur le plan économique et social ?
Bien sûr, dans la mesure où il ne s’agit pas que de militaires et de civils travaillant sur nos emprises, mais aussi de leurs familles, de leurs enfants et de leurs conjoints qui peuvent avoir un emploi ou en chercher un. En tout, cela représente un peu plus de 10 000 personnes, dont beaucoup sont impliquées dans le tissu local. En discutant, on découvre qu’untel est investi dans un club de foot, un autre dans une association de jeunesse… Cette passion pour l’engagement citoyen, à la base de notre vocation, rejaillit hors de nos murs.
Quelles relations entretenez-vous avec la Ville ?
Excellentes. Nous sommes très écoutés, ce qui s’explique d’abord par la mobilité de nos personnels. Être muté ici remet sur le tapis les questions que tout un chacun se pose quand il arrive dans une nouvelle ville (logement, santé, école, etc.). Avec Anne Bluteau, l’adjointe au maire déléguée aux affaires militaires, les échanges sont simples et efficaces sur les réponses apportées ou à trouver à des demandes d’ordre social. Ensuite, nous participons, en lien avec la Préfecture, à l’organisation des cérémonies patriotiques et des actions tournées vers la jeunesse. Notre Forum des Armées, le 26 avril prochain, ne pourrait se faire sans une étroite collaboration avec les services de la Ville.
Pouvez-vous nous en dire un mot ?
Cette année, place Anatole-France, les nouveautés seront la présentation de notre tout nouveau blindé Jaguar et des simulateurs d’hélicoptères et d’avions. Vous pourrez surtout découvrir toute la pluralité des métiers de la Défense que beaucoup ne soupçonnent pas. Il y a des opportunités d’emploi, notamment dans des domaines très spécialisés, comme les systèmes d’information et de communication et la maintenance qui sont, pour nous, des cibles prioritaires de recrutement. L’autre enjeu est de nous présenter à la population et de lui expliquer quelles sont nos missions.
D’autres temps dans l’année permettent-ils de mieux vous connaître ?
Oui, ils sont culturels. L’Hôtel du Grand Commandement, voisin de l’Hôtel de Ville, témoigne de notre richesse historique et patrimoniale. Nous avons plusieurs fois l’occasion d’en ouvrir les portes au public : lors des Apéritifs musicaux (fin août), des Journées européennes du Patrimoine les 20 et 21 septembre et lors du salon littéraire La Plume et l’Épée le 8 novembre prochain. Celui-ci est une manifestation importante pour les amoureux de l’histoire militaire et de la littérature en général, avec des auteurs remarquables qui viennent présenter leurs livres. Tous ces temps racontent aussi ce qui lie profondément cette ville à ses armées.
Au-delà des nombreuses familles de militaires et civils des Armées, dont nous veillons à faciliter l’installation, nous aimerions impliquer plus d’enfants, collégiens et lycéens aux cérémonies de commémoration. L’Histoire de Tours est intimement liée à cette présence militaire qui l’a en partie structurée. La Ville et le Commandement militaire sont très ouverts à des temps d’échange comme à des moments de convivialité autour d’événements, dédiés à la population, rappelant cette mémoire commune et permettant une meilleure connaissance de nos armées et de leurs missions.
Anne Bluteau, adjointe au maire, déléguée à la prévention de la délinquance et aux affaires militaires et protocolaires. Correspondante défense de la ville
La stratégique rue Hoche
La rue Hoche est fermée aux habitants depuis le 28 mars, ouvrant la voie à la fusion des casernes Baraguey et Rannes. Celle-ci répondra aux exigences de sécurité intérieure de ces deux sites et permettra le redéploiement de nouvelles unités. Intégrée au projet « ligne 2 du tram », la réunification des casernes a, depuis, reçu un avis favorable après enquête publique. Pour compenser la fermeture de la rue Hoche très empruntée par les riverains, des travaux d’amélioration du confort de cheminement pour les piétons et les cyclistes concerneront les rues Bugeaud et Carnot.
Tours, de mémoire militaire
À la fin du XIXe siècle, 7 000 soldats étaient stationnés à Tours, un habitant sur dix était un militaire et la ville, une importante cité de garnison comptant neuf casernes. La plus ancienne est alors celle du Vieux Château (cf. photo). Bien sûr, il est plus aisé de se rappeler l’aviation et le train (la logistique) au siècle suivant. Notre aérodrome, en 1916, vit débarquer les premiers pilotes américains, formés ici au combat aérien. L’US Air Force est née sur ce camp d’entraînement, lequel prend le nom de BA 705 en 1961. Durant la guerre froide, celle-ci accueille les unités stratégiques de l’aviation militaire et devient un important pôle de formation pour les pilotes de chasse. Leur école déménage vers Cognac en 2020, une dizaine d’années après que l’École du Train a elle-même déménagé à Bourges. Créée en 1945, celle-ci aura formé des générations de logisticiens de l’armée de Terre aux casernes Beaumont-Chauveau cédées à la Ville pour devenir un nouveau quartier.