Education

La faim d’apprendre

Les écoles Paul Fort et Pérochon suivent de près le chantier voisin de la nouvelle cuisine centrale. Jusqu’à son inauguration en septembre 2025, il est le prétexte à une série d’ateliers pédagogiques autour de l’alimentation, incluant le projet d’une fresque avec NOB, auteur de bande dessinée très apprécié des enfants.

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En avant-première, les écoliers de Paul Fort et Pérochon vont se « nourrir » des vertus pédagogiques de la cuisine centrale, lieu de production des repas scolaires et de sensibilisation aux enjeux d’une bonne alimentation.

Différents ateliers donneront à cette thématique une saveur particulière. Ils concevront avec une diététicienne le menu équilibré qui sera servi à tous leurs petits camarades à la mise en fonctionnement de l’équipement. Dans le cadre du dispositif Arts à l’école, ils réaliseront une fresque sur un mur voisin, encadrée par l’artiste peintre Olivia Rolde, et passeront des pinceaux à la plume en devenant les rédacteurs en chef d’un hors-série de Fritz le Mag (10e numéro le mois prochain !), outil d’éducation aux médias. On y lira leurs échanges avec l’un des architectes de la cuisine centrale, Louis Saumet (agence REC Architecture), mais aussi avec NOB, auteur de La Cantoche (éd. Bayard). Les CE2 de Morgane Moullière (Paul Fort) travaillent avec lui sur une seconde fresque. NOB, enthousiaste, l’est autant s’agissant de raconter ce qui le lie à Tours et au bien-manger.

En quoi ce projet vous a-t-il alléché ?

NOB : J’aime toujours quand la BD sort des cases et rentre dans le domaine de la vie courante. La demande de la ville de Tours m’a d’autant plus touché que j’y suis né. C’est là que mon père a trouvé son premier travail comme… cuisinier dans une entreprise de restauration collective ! La boucle est bouclée. On pourrait croire que la création de ma série La Cantoche viendrait de là, mais pas du tout, ce n’est que bien des années après que j’ai fait le lien !

Les coups de fourchette motivent-ils votre coup de crayon ?

Sans doute parce que j’ai grandi dans le milieu de la restauration. C’était un domaine où je ne voulais pas travailler, mais on a beau faire, il reste toujours quelque chose de là où l’on a grandi. Et aussi je suis un grand gourmand ! Je cuisine assez peu, mais j’aime bien manger ! La cuisine est le lieu d’excellence de la rencontre, et c’est surtout de ce lien social dont je parle, qu’il soit familial dans Mamette ou Dad, ou collectif comme dans La Cantoche. L’alimentation est le terrain de jeu de toutes les rencontres, de toutes les différences, mais aussi de tous les métissages. À travers la cuisine, on peut parler de tout.

De quoi aviez-vous « faim » petit ?

NOB : À l’école, j’étais littéralement « un conteur ». La maîtresse me laissait parfois un temps pour que je sorte mon livre de contes et que j’en lise un. J’aurais pu raconter des histoires de plusieurs façons, mais j’aimais dessiner ; j’étais assez timide et introverti, des défauts qui deviennent des qualités quand il faut rester de longues heures dans sa chambre à s’exercer à recopier Franquin ou Peyo ! Finalement, ma manière d’aller vers les autres étaient de leur raconter des histoires. Et c’était encore mieux quand je les faisais rire. C’était donc surtout une faim de reconnaissance, ou d’intégration.

Est-ce que le « bien-manger » s’apprend ou est-ce le fruit d’un héritage ?

NOB : On dessine tous quand on est enfant, mais certains ne s’arrêtent jamais et deviennent dessinateurs. Sans doute que l’essentiel des choses se passe pendant l’enfance, que ce soit dessin ou alimentation, car ce sont ces
sensations de découvertes. Petit, on est une énorme éponge que l’on presse pour les retrouver ensuite toute sa vie. Deux oncles m’ont beaucoup influencé : l’un peintre de fresque (décidément) et l’autre animateur de MJC. Ce dernier écrivait des pièces de théâtres et animait un atelier de BD…

Qu’est-ce que vous n’aimiez pas à « la cantoche » ?

NOB : Je n’aimais pas les épinards caoutchouteux, les blettes sans goût… Autant de choses que j’apprécie maintenant, bien cuisinées. Cela dit, ce qu’on recherche le plus dans ce lieu, c’est de pouvoir rigoler avec les copains, et c’est bien ce que raconte La Cantoche ! Un lieu sans presque aucun adulte, où l’on se retrouve pour discuter de tout, il n’y en a pas tant que ça !

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