Sensible à l’accompagnement individualisé et collectif des 11-25 ans, la Ville de Tours promeut leur implication dans la vie de la cité. Les projets de l’Assemblée des Jeunes Citoyennes et Citoyens, ou d’autres, dans le cadre du budget participatif notamment, offrent de leur redonner
la parole et le pouvoir d’agir.
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Assemblée des Jeunes Citoyenne et Citoyens
À 14 ans, Élise fait partie des « vieilles ». Arrivée au Conseil municipal des jeunes (CMJ) en 2022, elle est la seule à avoir vécu la transformation du CMJ intéressant les 3es et les 4es. « Mon ancien collège, raconte-t-elle, proposait de nous inscrire. Très intéressée par les questions de démocratie et de citoyenneté, j’ai tout de suite accepté. » Par la suite, cette instance a en effet été réformée, Élise siégeant dorénavant à l’Assemblée de Jeunes Citoyennes et Citoyens (AJC) où « le recrutement ne repose plus sur des élections, compliquées à organiser, mais sur le volontariat », explique-t-elle. L’AJC s’est ouverte aux lycéens « depuis la rentrée, la participation est plus grande ».
« Autre changement notable, l’AJC est à présent animée par l’équipe de la Maison de la Réussite (MR), rattachée au service Jeunesse de la Ville et appelée à devenir un lieu ressource pour tous les jeunes sans exception », expose Maxence Brand, conseiller municipal délégué à la jeunesse. « Ce rapprochement AJC/Maison de la Réussite répond par ailleurs à un objectif précis : impliquer plus de jeunes issus des quartiers prioritaires (QPV). » Ils sont encouragés en ce sens par des acteurs de terrain expérimentés comme Yannick Barrios, nouveau directeur de la MR, ou Farid Derbal, l’un de ses animateurs : « 16 places sur 60 ont été réservées aux jeunes des QPV, explique ce dernier. Une partie de notre travail consiste à leur démontrer que c’est une opportunité unique de gagner confiance en soi, de prendre la mesure du rôle à tenir – être le porte-parole de sa génération – et d’apprendre, avec toute l’équipe, à coconstruire des projets citoyens ». Emma, 15 ans, habite au Sanitas : « Par la Maison de la Réussite, j’ai découvert l’AJC, je n’en avais jamais entendu parler, reconnaît-elle. Inscrite depuis avec des amis, nous sommes très fiers de l’avoir intégrée et ce serait bien que d’autres nous rejoignent. Les sujets travaillés en commission sont très intéressants, comme le patrimoine, la santé mentale et la communication. »
L’Assemblée des Jeunes Citoyens compte déjà 57 inscrits, sur 60 places disponibles : c’est un beau succès ! Avec la future « Maison de la jeunesse et de l’engagement » mise en place par le BIJ et le prochain skatepark à l’Alouette, nous déployons une politique jeunesse dynamique.
Maxence Brand, conseiller municipal délégué à la jeunesse
Construire une ville tournée vers la jeunesse
Pour Alix, 17 ans, qui partage avec Élise le goût de l’histoire, l’une des vertus de l’AJC est « d’apprendre à m’exprimer en public », car, oui, « il peut être intimidant de s’exprimer devant une quarantaine de jeunes », et ce qui est effectivement séduisant est « de monter des projets, comme ce voyage dans le temps où, en costumes d’époque prêtés par l’Opéra, nous envisageons de raconter aux habitants l’histoire de leur ville le temps d’un après-midi… »
À titre personnel, Blanche, 16 ans, a écrit « un manifeste contre le harcèlement, nourri d’importantes recherches sur la manière dont était traité le sujet, notamment dans les pays scandinaves et anglo-saxons ». Forte de ce travail, elle s’investit légitimement au sein de la commission Santé mentale. Sa participation à « des conférences organisées en partenariat avec l’Espace Santé Jeunes » est même attendue.
Pour Joachim et Jules, 17 ans, attachés à promouvoir les actions de l’AJC sur Instagram (@ajc.villedetours), leur participation « tient à un constat », posé avec lucidité : celle d’une classe d’âge peu épargnée, depuis la crise Covid, par la montée des peurs : « Nous ne sommes pas assez éduqués à la démocratie et aux grands enjeux au cœur de notre société, alors que ce sera à nous d’y faire face demain. L’AJC, c’est comprendre comment fonctionne une collectivité aussi bien que les rouages de l’action politique. » Enfin, il est un autre levier pour agir que Jules n’ignore plus : le budget participatif de la Ville de Tours. Ainsi, « le projet d’aménager une aire de jeux, comme il en existe à Amiens, qui permettrait aux enfants handicapés de s’amuser de la même manière que les enfants valides, est porté par notre Assemblée. »
Sous l’égide d’Annaelle Schaller, adjointe au maire déléguée à la démocratie permanente et de Maxence Brand, conseiller municipal délégué à la jeunesse, c’est en séance plénière qu’ensemble, tous ces jeunes font le point, débattent, lancent des idées. Ce faisant, ils prennent à témoin les élus municipaux, échangent avec eux et apportent ainsi cette pierre « à la construction d’une ville tournée vers la jeunesse », s’enthousiasme Maxence Brand. « Notre feuille de route est dictée par cet encouragement à l’engagement. Via notre service jeunesse refondé, il inclut d’autres axes de travail comme l’émancipation par le sport, la culture, l’accès aux droits et l’insertion professionnelle, de concert avec l’ensemble de nos partenaires. »
Bureau Information Jeunesse (BIJ), centres socioculturels, espaces de vie sociale (EVS) et Mission locale œuvrent au quotidien pour favoriser l’épanouissement des nouvelles générations. Sur l’engagement et la citoyenneté, comme sur le volet insertion, la Ville, solidaire, accroît son soutien.
Pour le BIJ, les semaines à venir seront intenses : d’abord avec le Forum Jobs d’été et Alternance qui se tiendra le 2 avril à l’Hôtel de Ville, puis son déménagement au 78, rue des Halles dans des locaux plus spacieux (500 m2). L’ambition est de devenir « un tiers-lieu associatif tourné vers la réalisation de projets par et pour les jeunes », expose son directeur Arnaud Guédet. Pour soutenir cette initiative, la Ville de Tours a triplé ses subventions au BIJ (de 13 000 à 33 000 €).
« Les associations qui animent les centres sociaux et EVS de la ville jouent un rôle crucial dans le soutien et l’accompagnement des jeunes », n’oublie pas Marie Quinton, adjointe au maire déléguée à la politique de la ville. C’est en reconnaissance du rôle qu’elles jouent au quotidien que « les subventions leur étant allouées ont progressé de 25 % en 3 ans, passant de 993 000 euros à 1,24 M€. » Outre des activités diverses (culture, sport, jeux, créations artistiques, etc.), « elles proposent un accompagnement social et éducatif, donnent du répit aux jeunes en difficulté, permettent des actions de prévention ». Et plus encore, elles partagent avec l’AJC cette volonté « d’accompagner des projets, comme des actions concrètes dans leur quartier, mais aussi des idées de sorties ou de voyages.» Depuis le 1er septembre, « Courteline-Gentiana a repris les activités municipales de l’Espace Loisirs Jeunes (ELJ), dans un souhait de cohérence, précise Marie Quinton. Cette structure était en effet la seule à ne pas avoir dans son offre cette « brique » cruciale de la jeunesse. Le premier bilan de l’association, salué par les habitants, a prouvé, me semble-t-il, que ce pari était le bon, même si, malheureusement, il s’est trouvé endeuillé par la disparition de celui qui était son coordinateur culturel, David Baez, musicien et âme des lieux depuis 1997 ».
Le « droit à la Loire », c’est parti !
La Loire en été vue du pont Wilson
Fanny Puel, conseillère municipale déléguée aux sports pour toutes et tous, avait lancé le projet, il se concrétise cette année. 2 groupes de jeunes, âgés de 13 à 16 ans, ont inauguré le mois dernier le dispositif « Droit à la Loire », soit la découverte, à vélo et en canoë, du milieu ligérien. Cette action, en partenariat avec les éducateurs du Bocal et de l’ELJ, avec la complicité active de La Rabouilleuse, est encadrée par des éducateurs sportifs de la Ville. Le temps fort en juillet sera 2 jours d’itinérance le long du fleuve entre Tours et Amboise, et une nuit à bivouaquer sur une île de Loire.
Nouveau spot en vue pour les sports urbains
L’idée d’un nouveau skatepark après celui, « canonique », de l’île Simon, a tenu bon la rampe et aura attendu l’âge de la majorité, 18 ans, pour figurer concrètement dans le paysage. Maxence Brand, lors du conseil municipal du 3 février 2025 a en effet annoncé le lancement de son chantier, finalement, sur un espace vert encadrant le grand rond-point de l’Alouette, à Tours Sud. Avec le projet émergent d’un Parkour Park (inscrit au budget participatif), une jeunesse friande de sports urbains sera comblée, l’ensemble étant à leur image : libre et spectaculaire.
La municipalité et l’université de Tours travaillent main dans la main pour offrir à ses 30 000 étudiants un cadre de vie et d’études optimal. Cette collaboration étroite se manifeste à travers de nombreuses initiatives.
Vice-président chargé de la vie étudiante, de la vie de campus, du sport et de la culture à l’université de Tours, Alexis Chommeloux se félicite des synergies qui se dessinent avec la Ville : « Avec le président, Philippe Roingeard, notre équipe, nouvellement élue, est très désireuse de tisser des liens plus forts encore et de renforcer le sentiment d’appartenance de nos étudiants à Tours. Les premiers contacts sont particulièrement encourageants et nous nous réjouissons par avance des collaborations à venir, notamment sur l’accueil des étudiants. »
Sous l’égide de Stéphanie Picault, directrice de la vie étudiante et de campus, Merlin Marsault coordonne les actions d’accueil et d’aide à l’intégration universitaire. « C’est grâce à la Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) que nous finançons l’ensemble de nos actions et notamment le forum logement étudiant qui se tiendra le 21 juin à l’Hôtel de Ville. C’est aussi la CVEC qui nous a permis de mettre en place un budget participatif étudiant, semblable au dispositif de la Ville, d’un montant de 30 000 € ». « Depuis 2023, l’université fait partie de la coordination de l’aide alimentaire orchestrée par le CCAS de la Ville de Tours, précise Stéphanie Picault. Elle développe l’engagement bénévole de ses étudiants, dont certains ont déjà effectué des missions à la Maison de la Réussite pour du soutien scolaire ». De leur côté, Romain Huillard (SUAPS, Service Universitaire des Activités Physiques et Sportives) et Christelle Berthier (service culture), s’appuient aussi sur la collectivité. La création d’une ressourcerie sportive résulte d’une coopération entre le SUAPS et l’entreprise à but d’emploi Co’hop dans le cadre du projet Territoire Zéro Chômeur Longue Durée Sanitas-Velpeau, soit une collecte d’articles de sport, puis des ventes éphémères sur nos campus. « La plupart des pratiques sportives étudiantes ont lieu dans des équipements municipaux. Avec le Passeport culturel européen (PCE), les étudiants peuvent accéder toute l’année à de nombreuses manifestations culturelles à tout petit prix auprès des salles de spectacle tourangelles. Par ailleurs, l’ensemble des musées tourangeaux est gratuit pour tous les moins de 26 ans. »
Alexis Chommeloux mentionne, enfin, la proposition faite à une compagnie tourangelle d’occuper la salle Thélème et de bénéficier d’un soutien technique dans la droite ligne de ce que défend Christophe Dupin, adjoint au maire délégué à la culture, à savoir « le soutien à la création et aux actions de médiation » : « Le choix du projet s’est fait conjointement avec la Ville, partenaire exclusif de cette action. À l’issue de cette résidence, une présentation publique gratuite du travail est proposée à l’ensemble des étudiants, à toute la communauté universitaire et au public tourangeau. »
Depuis la rentrée, le service jeunesse de la Ville, installé à la Maison de la Réussite, coconstruit une stratégie jeunesse impliquant tous les professionnels de Tours évoluant sur ce champ très sensible.
Depuis le 1er septembre, Elric Toussaint est le nouveau responsable du service jeunesse : « Qu’il s’agisse de scolarité, d’accès aux droits, d’activités socioculturelles, de santé ou d’institutions, ma mission est de mettre de l’huile entre tous les rouages, d’identifier les besoins et de coordonner le déploiement d’une offre mieux répartie sur le territoire, avec des passerelles entre les âges. C’est animer un réseau le plus ouvert possible aux partenaires institutionnels, associatifs ou aux initiatives individuelles et coconstruire avec eux une stratégie. Que celle-ci redonne du sens commun à tous, c’est l’effet recherché. » Lydia Michalczenia, représentant la Protection Judiciaire de la Jeunesse, vient d’intégrer cette « coordination jeunesse » : « Notre métier, dit-elle, est certes intégré au champ pénal, mais pas si différent d’autres acteurs du champ social. Pour autant, nous avons besoin de nous faire connaître pour qu’ensemble, nous soyons plus forts et aptes à montrer à nos jeunes qu’il existe d’autres parcours de réussite. »
Accompagner un jeune, enfin, c’est prendre le temps de vérifier s’il est allé voir la personne conseillée, si cela s’est bien passé. Améliorer les conditions d’y parvenir, c’est la vocation de ce service jeunesse refondé. Basé à la Maison de la Réussite, il se veut la porte d’entrée commune pour renseigner les professionnels, les fédérer, mais aussi guider pas à pas les jeunes dans leur construction. Que toutes et tous soient fiers à l’âge adulte du chemin parcouru, telle est ici la subtile et stratégique ambition.